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Tunisie : Entre gros et petits salaires, les patrons lèvent une partie du voile.

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Tunisie : Entre gros et petits salaires, les patrons lèvent une partie du voile.

Message par Admin le Sam 7 Nov - 18:53

Au moins trois PDG d’entreprises, cotée ou en voie de l’être, sur la bourse ou sur l’alternatif, de Tunis, ont donné de claires indications sur leurs rémunérations. Quelques semaines auparavant, un site de la place, traitait les journaux électroniques tunisiens qui posaient des questions à ce propos lors des assemblées générales de ces entreprises, de «voyeuristes». La question avait pourtant été tranchée, des mois auparavant, par la loi et l’amendement du code des sociétés commerciales. La publication des rémunérations est désormais une obligation inscrite dans la loi et plus précisément par, pour les non-voyants ou voyeuristes, l’article 200 dans son alinéa 5.

Ben Ayed, Hachicha et Zarkouna, les pionniers.

Le premier à le faire, bien qu’il ait ainsi semblé quelque peu devancer l’exécution de la loi qui ne devrait entrer pleinement en application, qu’à partir de l’exercice 2009, a été Fathi Hachicha. L’occasion était la publication du bilan d’Electrostar, une des entreprises du groupe. «En application des dispositions de l’article 200 du code des sociétés commerciales, nous avons l’honneur de vous soumettre notre rapport spécial sur les conventions réglementées au sens de l’article susvisé. Les engagements pris par la société concernant les éléments de rémunérations nettes annuelles, prévus par le dit article se présentent comme suit : Président Directeur Général : 62 471 DT (33162 euros) et le Directeur Général Adjoint 44 617 DT (23685 euros)». C’est ce qu’on pouvait lire en substance, dans ce bilant. Ces chiffres, sont à mettre en opposition avec les 35 millions d’euros que réalise l’entreprise.

Le deuxième à le faire et à lever une partie du voile qu’on tenait, jusque là pudiquement serré autour de toute information concernant la rémunération des dirigeants des entreprises tunisiennes, a été Abdelwaheb Ben Ayed, premier dirigeant du groupe Poulina.

Selon le rapport spécial des Commissaires aux Comptes de Poulina Group Holding, le salaire annuel brut du Pdg Abdelwaheb Ben Ayed, depuis juillet dernier, a été fixé à 349 230 DT (185387 euros). Pour toutes les sociétés du groupe, ce salaire monte et devient à 549 515 DT par an (291707 euros). Ceci n’implique pas bien sûr les dividendes que reçoit Ben Ayed en tant que l’un des plus importants actionnaires du groupe. Le chiffre est à mettre en opposition avec le chiffre d’affaires de 929 millions de DT (+ 12,9 %) et le résultat opérationnel (Ebidta) de 114 millions de DT (+ 11,2 %).

Plus tard, et même s’il ne l’a pas spécifié sur les états financiers présentés à ses futurs actionnaires sur le marché alternatif de la bourse de Tunis, la DG de Servicom Mejdi Zarkouna, ne voyait aucune gène de nous déclarer un salaire mensuel de 7000 DT (3716 euros) et 2,3 mille DT (1221 DT) pour chacun de ses deux DGA.

Têtes brûlées ces trois chefs d’entreprises ? Non. L’information est légale, même si elle est anticipée, et n’a rien d’un coup de tête ou d’une velléité outrancière de transparence.

D’énormes disparités entre public et privé.

Ce ne sont bien sur là, que les montants des rémunérations annuelles. L’application des nouveaux articles du nouveau code des sociétés commerciales par ces trois entreprises, n’a pour l’instant été que partielle. La nouvelle loi oblige en effet à la déclaration, aussi, des indemnités et des «autres avantages». On y retrouve généralement les voitures, les bons d’essence, les logements et autres bonus. Les bilans de l’exercice 2009, devraient donc apporter plus de visibilité sur ces rémunérations et leurs composantes et lever le reste du voile, concernant les salaires des PDG, jusqu’ici considérés comme éléments personnels.

Il n’en est pas moins intéressant de constater les énormes disparités qui existent déjà entre secteurs, public et privé en Tunisie. Selon certains commissaires aux comptes, et plus précisément dans le secteur bancaire, les différences de salaires nets, sont énormes. Il est de notoriété, que les salaires des PDG des banques publiques, n’ont rien à voir avec leurs collègues des banques privées. Le rapport est généralement de 1 à 4 fois, parfois nettement plus, selon des commissaires aux comptes qui ont audité les uns et les autres. Selon ces mêmes sources, il y aurait même d’assez importantes disparités entre banques privées. Le rapport y serait de 1 à 2 et il est un secret de polichinelle que se sont les dirigeants des banques privatisées qui sont les mieux payés. L’explication serait à trouver dans les salaires des représentants des parties étrangères, président du conseil d’administration ou DG expatriés et assez bien rémunérés, et l’obligation d’un alignement vers le haut, pour le président du conseil d’administration ou pour le DG tunisien.

Selon l’hebdomadaire Jeune Afrique qui cite quelques indiscrétions, «en Tunisie, le top management des entreprises locales est rémunéré entre 10 000 et 12 000 DT par mois. Celui d’une multinationale implantée dans le pays oscille entre 12 000 et 13 000 DT. Un patron de PME peut toucher jusqu’à 6 000 DT. Un dirigeant de société d’assurances gagne entre 5 000 et 7 000 DT. Quant au directeur général d’une banque privée, il est rémunéré 10 000 DT en moyenne. Contre 3 000 à 4 000 DT pour celui d’une banque publique. Dans le même temps, un ministre perçoit de 3000 à 5000 DT, un directeur d’administration centrale environ 1 500 et un prof de fac 2 000 DT ».(Jeune Afrique : 12/06/2009)

Entre débats et faux-débats, à venir !

La publication des résultats de l’exercice 2009, première année d’application de la nouvelle loi, devrait en tous cas apporter des éléments de comparaison plus probants. Elle devrait pourtant aussi apporter de nouveaux éléments dans un débat qui fait déjà polémique dans le milieu des chefs d’entreprises dont certains voyaient déjà d’un mauvais œil les simples discussions et les séances de questions réponses auxquelles ces chefs d’entreprises, généralement encore familiales malgré l’introduction en bourse, ne se soumettent pas de bon cœur. On se souvient de la réaction de l’un d’entre eux qui menaçait même de retirer l’entreprise de la bourse.

Première nouveauté, les AG de l’exercice 2009 qui se tiendront en 2010, auront à approuver les conventions relatives aux rémunérations et avantages en nature des dirigeants de toutes les sociétés anonymes, même celles qui ne font pas appel public à l’épargne et même celles qui ne sont pas cotées en Bourse. Ajoutez à cela les nouveautés du registre du commerce et dont la principale qui devrait être une loi obligeant les commissaires aux comptes à déposer eux-mêmes les bilan des entreprises au registre du commerce, cela devrait généraliser la publication de tous les éléments de rémunération pour tous et cela ne devrait pas plaire à tous le monde.

Le faux débat, serait d’oublier les règles basiques de transparence et de bonne gouvernance et de dire pourquoi publier ces informations et ce que cela ajouterait à l’actionnaire. Guidée par la SFI, une société égyptienne en est arrivée jusqu’à publier sur son propre site Web, la fiche de présence aux réunions de son conseil et les jetons de présence pour chacun et elle ne s’en est portée que mieux, grâce au capital confiance qu’elle a pu puiser auprès de ses actionnaires et de ses employés. Le faux débat aussi, c’est d’essayer d’argumenter, comme on l’a déjà vu faire avec demande de retrait de l’information, que publier le salaire d’un Pdg d’une entreprise publique, le dévaloriserait par rapport à ses pairs étrangers ou par rapport à quelques uns de ses employés à l’étranger. Et même si l’on ne connaîtra rien encore des professions libérales, avec tout ce que cela suppose en non équité fiscale, le faux débat se serait aussi de dire, pourquoi moi et pas les autres. Celui-là au moins pourra être réglé par une stricte application de la loi 2009-16 du 16 mars 2009 et plus précisément de son article 200 (alinéa 5 pour ceux qui ne l’auraient pas remarqué). Le faux débat enfin, serait de s’offusquer à la discussion de ce salaire par un petit actionnaire ou de lever l’éventail d’une utilisation de ces éléments de rémunération par l’organisation syndicale ouvrière et d’oublier que l’économie de marché et la transparence, sont un tout.

Le vrai débat, c’est d’abord un détail du ratio des charges de l’entreprise que l’actionnaire est en droit d’avoir et de consulter en détail, à titre égal que tout autre membre du conseil d’administration ou d’actionnaire majoritaire de l’entreprise où il investit ou auprès de laquelle il place son argent. Le vrai débat devrait aussi et surtout être autour des salaires des Pdg des entreprises publiques, sans commune mesure avec le secteur privé. On citera ici surtout le cas flagrant du secteur bancaire. Il devrait être sur une application stricto-sensu ou une application pondérée de cet article 200, lorsqu’il évoque les éléments de rémunération, les indemnités et avantages.

Le vrai débat devrait être aussi sur le lien entre le salaire du dirigeant et la santé, la rentabilité ou la pérennité de l’entreprise. Faudra-t-il alors lier son salaire à ses résultats, sans se poser la question de savoir si la course au résultat n’amène pas à une prise de risque exagérée et qui pourrait mettre en péril la pérennité de l’entreprise? Le vrai débat devrait aussi être l’impact de cette différence salariale sur l’efficience, l’impartialité et la gestion des ressources humaines dans l’Administration. N’est-il pas encore aberrant de voir un chef d’entreprise publique, ou un haut fonctionnaire, incapable de tenir un standing, lors de son voyage, qui ne pourrait pas mettre en péril le sort d’un accord, d’un contrat ou d’une convention, à plusieurs millions de Dinars ? Pourrait-on, interminablement continuer à brider les compétences et à les expatrier par un système de rémunération qui ne fait pas la différence entre un employé et un cadre débutant ? Pourrait-on continuer appliquer un règle de rémunération figée aux grandes entreprises de l’Etat ?

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