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Blackwater, une armée très privée:

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Blackwater, une armée très privée:

Message par Admin le Dim 8 Nov - 5:55

Blackwater, une armée très privée:
L'histoire d'une machine a tuez, que les vraies humains tuerons, avant qu'elle ne tue l'humanité!!

Blackwater, une armée très privée:

C'était le 2 octobre 2007. Ce jour-là, Erik Prince, le PDG de la société Blackwater, était auditionné par le Congrès des Etats-Unis. Trois heures pour donner sa version des faits et défendre ses hommes, mis en cause dans la fusillade survenue à Bagdad le 16 septembre précédent. Dix-sept civils irakiens tués et une vingtaine d'autres blessés dans un carnage impliquant directement les " soldats privés " de Blackwater. Plus qu'une bavure ! Le dernier d'une série d'excès ayant émaillé le parcours de la firme depuis son arrivée en Irak en 2003. " Les civils sur lesquels il a été fait feu étaient en fait des ennemis armés ", plaide Prince devant le Congrès. Sans beaucoup de succès. En ce début de mois d'octobre, ce sont pas moins de 168 crimes et délits graves commis en Irak que la société se voit reprocher. La fusillade de Bagdad est le scandale de trop. Quelques mois plus tard, le gouvernement irakien annonce qu'il ne renouvelle pas l'autorisation de Blackwater d'opérer sur son sol. Discrédité, Erik Prince quitte la direction opérationnelle de l'entreprise - rebaptisée entre-temps Xe - en mars 2009.

Blackwater, les eaux sombres. Le nom lui-même fait froid dans le dos. Il évoque les eaux noires du Great Dismal Swamp, une tourbière de 45.000 hectares s'étendant entre la Virginie et la Caroline du Nord, dans le comté de Camden, où la société a son siège social. De manière involontaire sans doute, il évoque également la puissance obscure d'une entreprise devenue la première armée privée du monde et dont le développement très rapide doit beaucoup aux liens unissant Erik Prince à la frange la plus religieuse et la plus conservatrice du Parti républicain.

Pour comprendre l'ascension de Blackwater, il faut en effet explorer l'histoire personnelle de son fondateur. Né en 1969 à Holland, dans le Michigan, Erik Prince appartient à une très riche et très puissante famille de l'Etat. Son père, Edgar, un ancien de l'US Air Force, a fait fortune en fondant, en 1965, une entreprise spécialisée dans la fabrication de pièces pour l'automobile, la Prince Corporation. Son produit phare, celui qui l'a rendu milliardaire, est le pare-soleil équipé d'un miroir éclairé. Au début des années 1980, la société compte déjà plusieurs milliers d'employés. Véritable puissance, Edgar est devenu le bienfaiteur de Holland, dont il emploie un quart de la population, finançant de ses deniers l'aménagement du centre-ville et soutenant les deux universités que compte alors la cité. Fidèle du Parti républicain - et notamment de son aile droite -, adepte du libre marché et grand propagandiste des valeurs chrétiennes, l'industriel a marié sa fille aînée avec Dick DeVos, dont le père a fondé Amway, un très important distributeur de produits domestiques. Piliers du Parti républicain, les DeVos sont également les financiers attitrés de la droite religieuse américaine. Désormais solidement unies, les deux familles figurent ainsi parmi les principaux financiers du Forum familial du Michigan (MFF), la branche locale de Focus on the Family, de Jim Dobson, une très puissante organisation de la droite religieuse.
Commandos d'élite de la Marine

C'est dans ce milieu que grandit Erik Prince. Après le lycée, il entre à l'Académie navale mais en démissionne au bout de quelques mois pour s'inscrire au Hillsgate College du Michigan, l'établissement le plus conservateur du pays d'après un classement officiel. A un peu plus de vingt ans, le " petit Prince " est fidèle en tout point aux idées de son père. En 1992, il soutient ainsi chaudement la campagne de Pat Buchanan, qui défie le président Bush senior pour la nomination à la tête du Parti républicain et qui se présente avec un programme d'extrême droite. Cette même année, Erik Prince s'engage dans les SEAL, les commandos d'élite de la Marine. Il servira tour à tour en Haïti, au Moyen-Orient et en Bosnie. C'est parmi ces anciens camarades qu'il recrutera ses premiers soldats privés lorsqu'il fondera Blackwater.

Erik Prince aurait sans doute poursuivi une carrière militaire dans l'US Navy si un événement n'était venu tout remettre en cause. En mars 1995, son père meurt en effet brutalement d'une crise cardiaque. Quittant l'armée, le jeune commando rentre à Holland pour prendre en charge les affaires familiales. Un an plus tard, après d'innombrables conseils de famille, les Prince décident de vendre la Prince Corporation au groupe Johnson Controls pour 1,35 milliard de dollars, payé en cash. La part qui revient à Erik Prince se monte à près de 500 millions de dollars. De quoi voir venir. De quoi aussi faire aboutir un projet auquel il réfléchit depuis son passage dans les SEAL : la création d'un centre privé d'entraînement pour les militaires et les différents organes de sécurité américains.

Pour comprendre ce projet, il faut remonter aux années 1989-1993. A l'époque, Dick Cheney - le futur vice-président de George W. Bush - occupe les fonctions de secrétaire à la Défense de George H.W. Bush. Pour des raisons budgétaires, il a entrepris de réduire massivement le budget de l'armée, annulant les programmes d'équipement les plus coûteux et ramenant le nombre de soldats de 2,2 millions à 1,6 million. Surtout, le secrétaire a la Défense a commencé à sous-traiter à des entreprises civiles travaillant sous contrat avec l'armée un certain nombre de tâches d'arrière-plan, notamment dans le domaine de la logistique, afin de permettre aux militaires de se concentrer sur les opérations de combat. En 1992, Dick Cheney a confié à la firme Brown & Root, une filiale de Halliburton, une étude confidentielle pour définir la façon dont l'armée pourrait privatiser des services logistiques, du logement des troupes à la blanchisserie. Cette même année 1992, un premier contrat est passé avec Halliburton - que Cheney dirigera entre 1995 et 2000 - pour la prise en charge, pendant cinq ans, de toute la logistique de l'US Army sur les théâtres d'opération extérieurs.
Croisade contre le terrorisme

Ces évolutions n'ont pas échappé à Erik Prince. Lorsqu'il crée Blackwater en 1997, sur un terrain de plus de 24 km situé à Moyock, en Caroline du Nord, à quelques encablures de la base navale de Norfolk, il sait qu'il y a un marché à prendre. L'entraînement militaire a en effet fait les frais des réductions budgétaires décidées par Cheney et est devenu un peu le parent pauvre de l'US Army. Grâce aux relations que Prince a nouées dans l'armée mais aussi à celles que son père et la famille DeVos ont pu tisser dans le Parti républicain, la nouvelle société obtient très vite des contrats avec l'armée, le FBI et la police. En l'espèce, le tournant essentiel est pris en 1999 à la suite du massacre survenu au lycée Columbine, dans le Colorado - douze lycéens et un professeur tués par deux de leurs camarades lourdement armés. Dans les semaines qui suivent, Blackwater signe des contrats avec les principales écoles de police pour la mise en place de formations à l'intervention en milieu scolaire.

Au début des années 2000, Blackwater est une société déjà prospère mais dont le champ d'activités se limite à la mise en place de programmes d'entraînements au tir ou aux interventions d'urgence. Deux événements vont bouleverser ses destinées. C'est d'abord, en octobre 2000, l'attaque suicide lancée par Al-Qaida contre le destroyer USS Cole dans le port d'Aden. Backwater y gagne un contrat de 37 millions de dollars avec la Marine pour l'entraînement d'une force de protection. C'est ensuite et surtout les attentats du 11 septembre 2001. A ces attaques répond la guerre contre le terrorisme de George W. Bush, élu quelques mois plus tôt. Une guerre qui va se déployer partout dans le monde, notamment en Afghanistan puis en Irak. Le 11 septembre provoque également une accélération du programme de privatisation lancé par Dick Cheney et repris à son compte par le nouveau secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld. 100 milliards de dollars : telle est la somme allouée par le Pentagone aux entreprises privées pour que celles-ci aident les militaires dans leur croisade contre le terrorisme.

" C'est Oussama ben Laden qui a fait de Blackwater ce que c'est aujourd'hui ", dira Al Clarck, l'un des fondateurs de la firme. Il faut y ajouter une autre explication : l'arrivée à Washington, dans les bagages de George W. Bush, de la frange la plus conservatrice du Parti républicain. Avec la droite américaine, qu'elle soit politique ou religieuse, Erik Prince n'a en effet jamais rompu. Bien au contraire. Depuis le milieu des années 1990, il est l'un des piliers du Conseil secret de la politique nationale, un club très fermé d'une centaine de membres tous conservateurs - industriels, représentant des grands médias, hauts fonctionnaires -, qui a de nombreux relais dans l'équipe Bush et que le président lui-même a sollicité pour son élection. Prince est également un fidèle et un proche de Charles Colson, l'un des principaux acteurs du scandale du Watergate, fondateur du Fellowship Colson pour la réinsertion des détenus par l'étude de la Bible et devenu l'un des conseillers du président Bush. Etablir une alliance forte entre l'autorité historique de l'Eglise catholique, le mouvement populaire des conservateurs évangéliques et les néoconservateurs juifs et séculaires au pouvoir à Washington : tel est le projet décliné par Colson dans un document baptisé ECT (" Evangéliques et catholiques ensemble : la mission chrétienne dans le troisième millénaire ") auquel souscrit largement Erik Prince. Très bien introduit à Washington, l'homme d'affaires est au mieux avec les représentants de l'aile droite du Parti républicain au Congrès et avec certains représentants de la Commission des forces armées. Il est également très proche de Alvin B. Krongard dit " Buzzy ", le directeur exécutif de la CIA et numéro trois de l'agence. Ce dernier signera plusieurs contrats avec Blackwater pour la protection d'installations stratégiques situées dans les points " chauds " de la planète. Par exemple l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, pièce maîtresse du plan américain de " Grand Moyen-Orient " et surveillé par une centaine de mercenaires de Blackwater. Autres soutiens de poids : J. Cofer Black, véritable légende de l'espionnage international, directeur du centre antiterroriste de la CIA de 1999 à 2002 et recruté en 2005 par Blackwater, ou bien encore Joseph E. Schmitz, l'un des représentants les plus durs de la droite américaine, nommé par le président Bush inspecteur général du Pentagone. Au total, l'entreprise aurait reçu, grâce à ses différentes connexions, pas loin de 1 milliard de dollars de fonds publics entre 2001 et 2007.
Propre service de renseignements

Rien d'étonnant, dans ces conditions, que Blackwater soit devenu l'un des principaux supplétifs de l'armée américaine, d'abord en Afghanistan en 2001, puis en Irak à partir de 2003. Cette fois, il ne s'agit plus seulement d'organiser des séances d'entraînement au tir ou à l'intervention en milieu urbain mais bien de créer une armée privée en charge de la protection des personnalités américaines - comme Paul Bremer, le consul américain à Bagdad - et des installations sensibles, comme les puits de pétrole irakiens. En 2005, la firme emploie en Irak pas loin de 200 soldats privés dotés d'hélicoptères et d'armements lourds. Des hommes recrutés un peu partout dans le monde - anciens des commandos américains, anciens militaires sud-américains sans emplois, mercenaires professionnels... - et qui ont une fâcheuse tendance à jouer les cow-boys. La fusillade de Bagdad le démontrera amplement.

Si ce tragique événement, survenant après d'autres excès dont des trafics illégaux d'armes menés par des mercenaires de Blackwater, a contraint Erik Prince à quitter la direction opérationnelle de la firme et poussé le gouvernement irakien à mettre fin à son accréditation, elle n'a en revanche en rien abattu la puissance de la firme, devenue Xe. La société emploie aujourd'hui plus de 2.000 personnes dans 9 pays, sans parler de plusieurs milliers de contractuels - autour de 20.000. Forte de plusieurs branches, disposant de son propre service de renseignements privés, Xe est toujours en contrat avec des organes officiels de sécurité aux Etats-Unis. Quant à Prince, s'il s'est fait plus discret, il préside toujours le conseil d'administration de la société qu'il a fondée et dont il est l'actionnaire principal.

Tristan Gaston-Breton, historien d'entreprises
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