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ALI BEN ABI TALEB LE LION INVINCIBLE

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ALI BEN ABI TALEB LE LION INVINCIBLE

Message par lelibre le Jeu 17 Sep - 17:42

BismiLlâhi Er-Rahmân Er-Rahim.

Salam 'Aleykoum wa rahmaTouLlâhi wa barakaTouH.

ALI BEN ABI TALEB LE LION INVINCIBLE

I) Elève modèle à l'école du Prophète

A- Ses origines, sa conversion.


'Ali Ibn Abî Talib radhiAllâhou'anhou est né à La Mecque en l'an 600 après Jésus Christ ('aleyhi salam), c'est à dire quelques dix ans avant le début de la Révélation. Il avait donc trente ans de moins que l'Envoyé d'Allâh. Il était le benjamin de 4 enfants d'Abû Talib. Son prénom, choisi par sa mère, était Haydar qui signifie le lion, mais son père le changea en 'Ali. Il garda toutefois, son surnom en raison de son courage légendaire. Il avait aussi le surnom d'Abû Turâb" qu'il appréciait beaucoup. Celui-ci lui a été donné par le Prophète . En effet, un jour, alors qu'il s'était disputé avec son épouse Fâtima radhiAllâhou'anha, il sortit de chez lui et alla s'allonger à la mosquée jusqu'à ce que Le Prophète le trouve, le manteau couvert de terre. Le prophète le lui essuya en disant :

"Lèves-toi ô Abû Turâb (litérralement, abû turâb signifie père de la terre) "

Il se mit alors à lui brosser le dos pour lui enlever la terre. (Rapporté par Al-Bukhari N° 6204 et Muslim rahimahoullâh)

Sa mère s'appelait Fâtima bint As-Sad ibn Hâshim. C'etait donc une pure hashemite (c'est à dire descendante de hachim, l'arrière grand père du Prophète ) de la famille du Prophète . Elle s'est convertie à l'Islam et a rejoint le Prophète et ses compagnons à médine. Durant son enfance, 'Ali fut pris en charge et élevé par le prophète . Celui-ci voulait soulager son oncle Abû Tâlib qui arrivait difficilement à subvenir aux besoins de sa famille. Il voulait aussi lui rendre le bien qu'il lui avait fait en l'élevant alors qu'il (le prophète ) était orphelin de père et de mère. C'est ainsi que 'Ali grandit dans la demeure du Prophète entouré de l'affection du Messager d'Allâh

On raconte ainsi sa conversion :
Un jour, alors qu'il était toujours pris en charge par le Prophète , il entra chez celui-ci et le vit en prière avec son épouse Khadîja radhiAllâhou'anha. Tout étonné, il leur demanda ce qu'ils faisaient. l'Envoyé d'Allâh lui répondit :

"Nous sommes en train de rendre un culte à Dieu, l'Unique, tel qu'Il l'a ordonné pour son adoration. il m'a chargé de transmettre Son message aux hommes. je t'appelle donc à croire en Dieu, l'unique, sans associé, et à rejeter la croyance en Lât et 'Uzza !"

Ali répondit :

"C'est une chose nouvelle pour moi. Je n'en ai jamais entendu parler auparavant. Je ne peux pas te donner ma réponse tant que j'en ai pas parlé à abû Tâlib."

L'Envoyé d'Allâh qui n'avait pas encore proclamé ouvertement son message lui dit :

"Tu es libre d'adhérer ou non à cette religion, mais il vaut mieux que tu en gardes le secret pour l'instant."

Il promit de le faire. Toute la nuit durant, il ne cessa de réfléchir à ce que lui avait présenté le Prophète comme nouvelle religion. Comme le dit le proverbe, la nuit porte conseil...



Son âme oscillait entre cette croyance qu'il voyait différente et la croyance de ses concitoyens. Connaissant la droiture et la sincérité de Muhammad , son cousin et bienfaiteur, il savait que celui-ci ne saurait mentir. Finalement, l'appel de la Vérité eut raison des contraintes ancestrales. Le lendemain, il alla se convertir entre les mains du prophète et de son épouse khadîja radhiAllâhou'anha. Lorsque la révélation survint, il avait alors dix ans. La lumière divine se nicha dans son cœur. Allâh 'azawajal l'avait préservé des impuretés de l'idolâtrie. Il ne s'était jamais prosterné devant les idoles et autres icônes qui pullulaient à l'intérieur et autour de la ka'ba. c'est pour cela que les musulmans, en parlant de lui, disent :

"'Ali, qu'Allâh annoblisse son visage "

Selon toutes les versions hagiographique, 'Ali fut la première personne à embrasser l'Islam après khadîja radhiAllâhou'anha. Il faut dire que c'est le Messager d'Allâh lui même qui avait élevé 'Ali et l'avait façonné dans le moule de l'Islam. Ce dernier avait donc eu le rare privilège de vivre dans l'atmosphère spirituelle intense qui régnait dans la demeure du prophète . Il s'en était bien imprégné. En effet, dans son comportement de tous les jours, dans ses paroles comme dans ses actes, 'Ali dégageait une grande spiritualité.


B) Prêt à tout les sacrifices pour sauver le Prophète

Il en sera un des pilliers les plus solides; sa foi, son courage et sa détermination étaient légendaire. il en donnera des exemples à plusieurs reprises tout au long de son engagement derrière l'Envoyé d'Allâh .

En effet, c'est à lui que l'Envoyé d'Allâh s'adressa pour qu'il prenne sa place la nuit où il quitta La Mecque pour se rendre à Médine en compagnie d'Abû bakr radhiAllâhou'anhou. Les qurayshites avaient préparé alors un complot pour assassiner le Prophète . tous les clans de La Mecque devaient y participer. comme la coutume arabe exigeait la réparation du sang par le sang, le meurtre fomenté par tous les clans rendait difficile toute vengeance pour la famille du Prophète , les Banû Hashim (encore une idée maléfique d'Abû Jahl, un grand ennemie de l'Islam). Mais l'Ange gabriel 'aleyhi salam se révéla au Prophète et l'informa des intentions des idolâtres d'attenter à sa vie la nuit de son émigration. L'Envoyé d'Allâh appela 'Ali radhiAllâhou'anhou et lui demanda de prendre sa place dans son lit et de se couvrir de son drap pour désorienter les comploteurs aux aguets devant sa porte.





'Ali accepta et fit ce que lui avait demandé le Prophète . Bien entendu, celui-ci savait que son cousin ne risquait rien, et ce fut pour 'Ali radhiAllâhou'anhou une occasion supplémentaire de prouver son attachement au Prophète . Comme convenu, il dormit dans son lit, se couvrit de son drap et leurra jusqu'au matin les comploteurs embusqués devant sa porte. Quant au Prophète , il sortit en toute sérénité de sa demeure, en récitant devant les exécutants endormis, le parole du Très-haut :

" وَجَعَلْنَا مِن بَيْنِ أَيْدِيهِمْ سَدّاً وَمِنْ خَلْفِهِمْ سَدّاً فَأَغْشَيْنَاهُمْ فَهُمْ لاَ يُبْصِرُونَ
36.9. WajaAAalna min bayni aydeehim saddan wamin khalfihim saddan faaghshaynahum fahum la yubsiroona
36.9. et Nous mettrons une barrière devant eux et une barrière derrière eux; Nous les recouvrirons d'un voile : et voilà qu'ils ne pourront rien voir.
36.9 . And We have set a bar before them and a bar behind them , and ( thus ) have covered them so that they see not .

Lorsque l'aube se leva, les idolâtres embusqués se levèrent précipitamment et s'introduisirent dans la demeure du prophète , croyant qu'il dormait encore. Ils virent effectivement un corps couché dans le lit couvert d'un drap. Ils découvrirent le corps et s'apprêtèrent à le transpercer avec leurs épées, lorsqu'ils s'arrêtèrent stupéfait, à la place du Prophète , il y avait son cousin 'Ali.

L'Envoyé d'Allâh était, quant à lui, en route vers Médine, où les habitants de la ville et ses compagnons partis avant lui, l'attendaient. 'Ali devait le rejoindre quelques temps après, non sans avoir rendu à leurs propriétaires les biens qu'ils avaient laissés en dépôt chez le prophète .

Une fois à Médine, le courageux jeune homme qu'était 'Ali fut accueilli avec une grande joie et une émotion particulière par le prophète . On rapporte qu'il avait les pieds endoloris par le très longue et harassante marche qu'il effectua. Le Messager d'Allâh en fut très ému. Il le serra contre lui en pleurant. Puis, voyant l'état de ses pieds, il cracha dans ses mains bénies et les passa sur les blessures tout en invoquant Allâh 'azawajal pour lui accorder sa guérison; 'Ali, dit-on, n'en a plus souffert à partir de ce jour.

C) Désigné pour être avec Le Prophète comme était Aaron avec Moussa 'aleyhim salam.

L'amour que portait le messager d'Allâh à 'Ali était remarquable. En plus de l'amour filial à l'époux de sa plus jeune fille (la seule qui lui ait survécu), et au père de sa descendance, les ahl al bayt, il aimait en 'Ali son courage, sa foi, sa piété, son détachement des choses de ce monde et son intelligence à assimiler le sens véritable de la religion. On rapporte d'après Al-Bukhari et Muslim rahimahoumLlâh, qu'un jour, au cours d'une expédition, le prophète lui confia l'administration de Médine. Apparemment déçut, 'Ali lui dit :

"Ô Envoyé d'Allâh, tu me laisses avec les femmes et les enfants ?"

Le Prophète lui répondit :

"Ne veux-tu pas être avec moi ce que fut Aaron avec moussa ?"



Quant à son comportement quotidien vis à vie de Dieu et de ses hommes, il était imprégné par une volonté toujours accrue de les servir et de leur être agréable. Sa piété était remarquable, de même que son détachement des plaisirs de ce monde. Il avait l'habitude de dire, lorsque les tentations de son âme devenaient insistantes :

"Ô monde d'ici-bas ! laisse-moi et va tenter autrui. moi j'ai divorcer avec toi par trois fois."

Il jeûnait continuellement et ne se nourrissait que de pain à base d'orge, de sel et d'herbes.
Ses habits aussi étaient en tissus grossier et rugueux. On rapporte qu'un homme, l'ayant vu un jour avec des vêtements rapiécés, lui demanda pourquoi il ne les changeait pas. 'Ali lui répndit :

"C'est un vêtement qui inspire la méditation et incite le cœur au recueillement !"

On raconte qu'il passait des nuits en prières surérogatoires et en invocations divines. L'une d'elles était la suivante :

"Gloire soit rendue à mon Seigneur, Lui l'Adorable, le Seul à adorer, mon Seigneur, l'Éternel, existant à jamais, Qui nous aime, Celui dont la clémence et la puissance embrassent l'univers, le Régulateur des mondes, la lumière de la création. A lui va notre adoration, à lui appartient toute adoration. Il existait avant toute chose et existera après que tout ce qui vit aura cessé de vivre. Tu es l'Adoré mon Seigneur, Tu es le maître qui aime et qui pardonne. Ton pardon et ta miséricorde sont infinis ô mon Seigneur; Tu es l'aide de l'affligé, le Consolateur de toute détresse, le refuge de celui dont le coeur est brisé... Tu es l'ami du pauvre et de l'endetté; Ô mon Seigneur, Tu es le créateur, je suis ta créature; tu es celui qui aide et moi celui qui supplie, tu es le Miséricordieu, qui sait tout, qui aime tout; je cherche à tâtons dans l'obscurité; je cherche Ta connaissance et Ton amour. Accorde-moi, mon Seigneur, Ta connaissance et Ton amour. Accorde-moi, mon Seigneur, Ta connaissance, Ton amour et ta pitié; pardonne-moi mes pêchés, ô mon seigneur, et laisse moi T'approcher."

D) Un guerrier averti, qui aime Allâh 'azawajal et Son Messager , et qu'Allâh 'azawajal et Son Messager aiment !!


Mais 'Ali n'était pas seulement un homme de méditation. C'était aussi un homme d'action, et à ce titre, il était dans toutes les luttes pour le triomphe de l'Islam. En effet, il était de ceux qui répondaient présents à chaque fois que l'appel de l'Islam résonnait. Emérite et courageux sur les champs de bataille, très habile à cheval ou comme fantassin, il participa à toutes les batailles aux côtés du prophète . Il n'en rata qu'une seule, celle de Tabûk, et pour cause, le Messager d'Allâh l'avait désigné pour administrer la ville et veiller sur sa famille.

A Badr, le Prophète lui confia l'étendard portés par les musulmans et le choisit pour répondre au défi des infidèles et affronter en duel l'un de leurs dignitaires, Al-Walîd Ibn 'Utba. 'Ali eut le dessus. Durant toute la bataille, il fit preuve d'un grand héroïsme. A la célèbre bataille d'uhud, il en fut de même. après un succès fulgurant des musulmans et une déroute inattendue des infidèles, les archers postés par le prophète sur la montagne pour surveiller les arrières des musulmans, croyant la victoire acquise, désertèrent leur poste pour prendre leur part du butin. Cette grave erreur stratégique n'échappa pas à la vue du rusé khalid Ibn Al Wâlid qui lança ses cavaliers et prit de revers les musulmans. Ce fut la débandade dans leur rangs. Beaucoup paniquèrent, d'autant plus que le Prophète était donné pour mort. Certains battirent en retraite. Seul un petit groupe resta autour du Messager d'Allâh , 'Ali était l'un d'eux. Voici, semble-t-il, la photo de la célèbre épée à double pointe Dhu Al-Faqar, celle de 'Ali radhiAllâhou, exposée dans un musée en Malaisie :



A la fameuse bataille d'Al-Khandaq (la tranchée), il fut l'un de ceux qui se distinguèrent en repoussant les infidèles qui avaient pu sauter par-dessus la tranchée. A l'expédition de Kheybar, le Prophète lui confia l'étendard et lui donna le commandement. On raconte ainsi cet évènement :

Après un premier assaut contre la citadelle de Kheybar, les musulmans, dirigés par 'Umar Ibn Al-Khattâb, furent repoussés et battirent en retraite. Le Messager d'Allâh s'exclama alors :

"Demain je donnerai l'étendard à un homme qui aime Dieu et Son Prophète, et que Dieu et son Prophète aiment."

Entendant cela, 'Umar et Abû Bakr espérèrent chacun être celui à qui le Messager d'Allâh accorderait cet honneur, mais c'est 'Ali qui était sollicité. On lui répondit qu'il souffrait des yeux. Il le demanda quand même et, une fois devant lui, il prit un peu de sa salive et la passa sur ses yeux malades. 'Ali retrouva aussitôt la santé de ses yeux et ne souffrit plus jamais. Le Prophète l'informa ensuite qu'il l'avait choisi pour porter l'étendard et prendre le commandement. Ce fut 'Ali, nous dit-on, qui réussit à arracher une des portes de la forteresse de Kheybar, et l'utilisa comme passerelle pour que les musulmans puissent passer. Ils remportèrent ainsi une victoire décisive, grâce à son héroïsme.

E) Consécration d'une belle carrière, son mariage bénie du haut des septs cieux, avec Fatimah radhiAllâhou'anha, la fille du Prophète en personne

Le Prophète lui confia également plusieurs missions délicates ainsi que le commandement lors de certaines expéditions, ce qui prouve la grande confiance qu'il avait en lui. N'a-t-il pas dit à son sujet :

"Dieu m'a informé que quatre personnes sont aimés de Lui et Il m'a ordonné de les aimer. Il s'agit de

'Ali (il l'a répété trois fois), Abû Dharr, Al-Miqdâd et Salmân ! "

De même :

"Celui qui fait du tort à 'Ali, c'est à moi qu'il fait ce tort !"

Ce n'est pas sans raison qu'il lui accorda la mains de sa fille bien-aimée Fâtima. Pourtant 'Ali n'était pas un homme aisé, voire, en mesure de fonder financièrement un foyer. En effet, lorsque le Messager d'Allâh lui demanda quelle dot il pourrait offrir à son épouse, il répondit qu'il n'avait rien. Finalement, c'est une vielle armure que lui-même avait donné à Ali pour ses combats qui servit de dot. Le Prophète savait certes tout cela, puisque c'est lui même qui avait élevé son jeune cousin. Mais ce que n'avait pas 'Ali de ce monde, il le compensa par une élévation spirituelle et un comportement moral des plus nobles. C'est cela et cela seul qui motiva la décision du Prophète . On rapporte, d'ailleurs, qu'il avait dit à 'Ali en lui accordant la main de sa fille :

"Dieu vous a mariés du haut des septs cieux "

Une union pareil ne pouvait que donner une descendance bénie de Dieu.

Allah ne veut que vous débarrasser de toute souillure, ô gens de la maison [du prophète], et vous purifier pleinement. S33 V33

Ses deux enfants Al-Hassan et Al-Hussayn et leur descendance, furent une source de lumière et de bénédiction pour les musulmans et l'Islam. On les appelle ash-shurafâ (les nobles) et, tout au long des siècles, ils ont eu droit au respect et à la considération des musulmans.

Il faut préciser également que 'Ali fut l'un des premiers compagnons à entrer à La Mecque après sa conquête par les musulmans.





C'est lui aussi qui détruisit, à l'intérieur de la Ka'ba, Hubal, la plus grande idole que les qurayshites adoraient.

II) 'Ali Ibn Abî Talîb radhiAllâhou'anhou, 4ème Calife de musulmans.

A) Son élection

C'est à lui que revient la responsabilité du califat après l'assassinat de 'Uthmân radhiAllâhou'anhou. Lorsque les compagnons du prophète , qui étaient à la recherche d'un homme capable d'assumer les responsabilités de l'Etat vinrent le trouver chez lui, il déclina poliment l'offre, préférant, leur dit-il, la fonction de conseiller du Calife qu'ils choisiraient.
Mais ses interlocuteurs insistèrent et ne partirent pas avant de lui avoir fait acte d'allégeance. Voyant que les compagnons n'étaient pas prêts de revenir sur leur décision, il leur demanda de faire la cérémonie d'allégeance à la mosquée, devant toute la communauté afin de lever toutes les équivoques. Ils lui firent acte d'allégeance, à l'exception de quelques compagnons qui quittèrent Médine pour la Syrie en emportant avec eux la tunique tachée de sang de 'Uthmân radhiAllâhou'anhou. 'Ali fit à cette occasion un discours dans lequel il dit, en substance :

"Vous avez décidé de me confier vos affaires. Il est vrai qu'hier j'ai refusé votre demande, parce que je n'avais nullement envie d'assumer cette charge; Mais vous avez insisté pour que j'accepte votre proposition. Alors, je suis en droit de vous informer que, puisque vous m'avez confié la directions de l'Etat et de vos biens, je ne toucherai pas un seul dirham de plus que vous à mon profit; Si vous acceptez ma condition, je maintien mon élection, sinon cherchez quelqu'un d'autre."

B) Dissiper les divisions affectant la communauté, une mission difficile, mais une priorité absolue du Calife.

Si on peut qualifier en un mot le califat de 'Ali, c'est le terme "tragique qui conviendrait le mieux. En effet, dès son accession à la magistrature suprême, celui-ci ne cessa jamais de faire face aux révoltes, soulèvements et autres insoumission à son autorité. C'est pourquoi il nous est difficile de parler de ses réalisations en ce sens que tout son temps fut accaparé par les luttes contre les séditions. Les problèmes auxquels fut confronté 'Ali radhiAllâhou'anhou ont commencé, comme nous l'avons vu dans les précédents posts, avec la mort tragique du troisième Calife 'Uthmân radhiAllâhou'anhou. La porte qu'avaient ouverte ses assassins n'allaient pas être fermée de sitôt puisque son assassinat n'avait rien réglé, loin s'en faut. Tous les éléments qui avaient provoqué la sédition sous 'Uthmân étaient encore en place, et cela explose de nouveau lorsque 'Ali, parvenu au Califat, essaye de changer les choses. Pourtant, un homme comme 'Ali était le seul à même de faire un consensus autour de sa personne. Cousin et gendre du Prophète qui l'avait élevé, il jouissait d'un grand respect au sein de la communauté, pour sa conversion précoce à l'Islam, son courage admirable, sa science et son détachement des choses de ce monde. Il était plus proche de 'Umar que de 'Uthmân par sa fermeté, son sens de la discipline et sa sévérité quant au respect du droit et de la morale. Son élection à la tête de la communauté avait laissé pointer un petit espoir de voir revenir la cohésion au sein des musulmans. Mais l'espoir s'estompa très vite car, quelques mois seulement après son accession au califat, des dissensions encore plus grave secouèrent la communauté et on vit les musulmans, divisés en deux groupes antagonistes, en venir aux mains et s'entretuer.

Cependant, malgré l'unanimité autour de l'élection de 'Ali, les divisions et les dissensions ne tardèrent pas à saper les fondements de son califat. le point de discorde était l'assassinatt de 'Uthmân radhiAllâhou'anhou puisqu'une grande partie des musulmans réclamait le châtiment des auteurs. On rapporte, à cet effet, que la chemise de 'Uthmân tachée de sang fut exposée sur la chaire de la mosquée de Damas où Mu'âwiyya prononça l'éloge funèbre du troisième Calife assassiné.

L'historien Ad-Dahabî parle d'un pacte auquel 60 000 personnes participèrent pour venger 'Uthmân. Les proches compagnons qui avaient quitté Médine pour la Syrie restèrent neutres sans épouser la cause des syriens. parmi eux, il y avait 'AbdAllâh Ibn 'Umar, Sa'd Ibn Abî Waqqâs, Muhammad Ibn Maslama, Usâma Ibn Zayd, Al-Mughîra Ibn Shu'ba ,etc .

C) Des réformes qui dérangent...

A-t-il senti les prémices de la révolte qui se préparait et a-t-il voulu l'étouffer avant qu'elle ne se propage ? Toujours est-il que le Calife crut de son devoir de remplacer certains gouverneurs contestés en dépit des conseils de quelques compagnons qui le mirent en garde contre les conséquences d'une décision hâtive et précipitée alors qu'il n'avait pas encore consolidé les assises de son califat.

Mais 'Ali refusa de revenir sur sa décision arguant du fait qu'il ne pouvait s'accommoder de gouverneurs impopulaires et contestés. La sincérité et la spontanéité de l'Imam 'Ali qui croyait en l'opportunité et la sagesse de sa décision, se heurtèrent à l'intransigeance du puissant gouverneur de Syrie, Mu'âwiya ibn Abî Sufyân qui refusa sa destitution. Il est vrai que celui-ci, en poste depuis 'Umar, consolida son pouvoir jusqu'à constituer une principauté autonome vis-à-vis du pouvoir central de Médine. 'Ali en était conscient et c'est pour cela qu'il voulait mettre fin à cet état de fait. Il décida de destituer Mu'âwiya et de le remplacer par le pieux compagnon 'AbdAllâh Ibn 'Abbâs. Mais ce dernier conseilla au Calife la patience et la prudence. Il le mit en garde contre le fait que Mu'âwiyya pouvait prendre en otage son remplaçant et demander pour sa libération que l'on retrouve les assassins de son cousin 'Uthmân. Malheureusement, 'Ali ne l'écouta pas et envoya à sa place une autre personne. Celle-ci ne put rejoindre son poste car elle fut renvoyée.

Les autres gouverneurs envoyés par 'Ali ne trouvèrent pas, eux non plus, la tâche facile. Les populations étaient divisés à leur sujet. Il n'y avait qu'Abû Mûsâ Al-Ash'ârî qui put se faire accepter par la population de Kûfâ. Une fois encore, la communauté se trouva divisée. Voyant que la situation commençait à lui échapper, 'Ali envoya un ultimatum à Mu'âwiya, lui demandant soit de reconnaître son autorité, soit d'assumer les conséquences qui découleraient de son acte. La réponse du gouverneur de Syrie traduisait son obstination et son refus d'obéir. La guerre était donc inévitable, d'autant plus que 'Ali était décidé à imposer l'autorité du Califat sur toute l'étendue de ses provinces.
La menace du complot, et le triste assassinat du 4ème Calife

De nombreuses personnes qui l'avaient soutenu, commençèrent à remettre en cause son autorité et se déclarèrent comme dissidents d'où le nom de Kharijites qui leur fut donné par la tradition. Ils reprochèrent à 'Ali d'avoir favorisé un arbitrage humain sur une décision divine. Ils lui disaient :

"Lâ hukma illâ liLlâhi " (point de jugement en dehors d'Allâh)

Ce à quoi répondait 'Ali :

"Ceci est une parole de vérité à travers laquelle on cherche à faire du tort."

Il leur dit aussi :

"Je n'ai pas voulu cet arbitrage; c'est vous qui l'avez voulu, et je vous ai cédés. Maintenant, je ne peux pas reculer et rompre mon engagement."

Mais voyant que ses hommes-là ne voulaient rien savoir, d'autant plus, lui avait-on dit, qu'ils l'avaient déclaré comme hérétique, et décidé de le combattre, il leur dit :

"J'ai beau vous prodiguer des conseils, vous ne les acceptez pas, et j'ai beau vous déclarer et répéter que c'est vous qui êtes la cause de cet arbitrage, vous ne m'écoutez pas. J'ai trois choses à arranger avec vous. Sachez d'abord que je ne vous empêcherai pas d'assister aux réunions dans les mosquées, puis que, si vous me forcez à vous combattre au nom de la religion, je vous proclamerai le droit de faire du butin sur vous, et enfin que je vous combattrai seulement si vous avez recours aux armes."

Sages paroles qui, hélas, lui coûteront la vie.

Au début, la dissidence des Kharijites se limita aux critiques contre le Calife et sa politique, mais peu à peu, elle commença à devenir une vraie révolte armée qui risquait de diviser encore plus la communauté. En effet, raconte Tabarî, ils envoyèrent dans toutes les provinces des messagers pour faire connaître aux habitants leur doctrine et pour les engager à se réunir avec eux, à un jour donné à Nahrawân. Un certains nombre de personnes, ajoute notre historien, vinrent en effet se joindre aux Khajirites dans cette ville.

Après avoir essayé, en vain, de les persuader de mettre fin à leur dissidence, 'Ali décida sur insistance de ses partisans de combattre les Kharijites. Il est vrai que ceux-ci commençaient à inquiéter les musulmans en les déclarant infidèles et en considérant comme licites leurs biens et leurs familles. De plus, ils s'apprêtaient à saccager la ville de Kûfa, la capitale du Califat. C'est ainsi que l'armée du Calife eut à affronter les rebelles kharijites à Nahrawân. Ces derniers connurent une véritable déroute. Leurs chefs furent tués. Il n'en subsista que quelques-uns. Ce sont eux qui, par amertume et esprit de vengeance, complotèrent pour attenter à la vie du Calife.

Les historiens rapportent que la trame du complot fut tissé par trois d'entre eux; il s'agit de 'Abd Ar-Rahmân Ibn Muljim, Bakr Ibn 'AbdAllâh et 'Umar Ibn Bahr. Ils avaient décidé, disent-ils, d'assassiner les trois responsables, à leurs yeux, de la crise qui affectait la communauté, à savoir : 'Ali, Mu'âwiya et 'Amr Ibn Al-Âs radhiAllâhou'anhoum. La date où ils devaient exécuter leur macabre projet était fixé au 17ème jours du mois de Ramadhan. Les trois assassinats devaient être synchronisés au même moment. Mais le destin n'avait sonné que pour 'Ali radhiAllâhou'anhou. Ibn Muljim, accompagné de deux autres hommes attaqua le Calife alors qu'il se dirigeait vers la mosquée pour la prière de l'aube. Blessé mortellement par un sabre trempé dans du poison.



'Ali s'effondra par terre et eût la force d'appeler les gens à se saisir de son agresseur. on le saisit et 'Ali dit à son fils Al-Hassan :

"Tiens cette homme sous bonne garde. Si je guéris de cette blessure, je sais ce que j'aurai à faire avec lui. si je succombe, fais-le mourir."

Le lendemain de son agression, on lui demanda, si après sa mort, il fallait nommer quelqu'un à sa place. Il répondit :

"Je ne vous dirai rien à cet égard. C'est à vous de décider."

Il ne tarda pas à rendre l'âme après un court règne marqué par de graves déchirement dans la communauté. ses adversaires, Mu'âwiya fut légèrement blessé tandis que 'Amr eut la vie sauve grâce à une légère maladie qui l'avait empêché de se rendre à la mosquée.

Le Calife 'Ali mourut victime de sa politique d'entente et de compromis. Il voulait sauvegarder l'unité et l'homogénéité de la communauté. Ses fils, Al-hassan et Al-Hussayn procédèrent à la toilette funéraire, assistés de 'AbdAllâh Ibn Ja'far. Ils récitèrent sur lui la prière du mort et l'ensevelirent dans le palais de Kûfa. Voici son mausolée :



Les gens voulurent prêter serment d'allegeance à son fils Al-Hassan radhiAllâhou'anhou, mais celui-ci refusa et laissa la place à Mu'âwiya dans l'intérêt suprême de l'Islam et des musulmans. Mu'âwiya fut reconnu effectivement Calife par toute la communauté. Le lendemain, Al-Hassan ordonna la mise à mort d'Ibn Muljim. Celui-ci, raconte Tabarî, lui dit :

-"Laisse moi vivre jusqu'à ce que je t'ai assuré le califat. Tu pourra me tuer ensuite si tu veux."

-"Que veux-tu faire ?" demanda Al-Hassan.

-"J'irai tuer Mu'âwiya et je m'engage à revenir ici"

Il refusa cette offre et le fit mettre à mort. Hassan, comme son illustre père, n'était pas homme à renier ses engagements, qu'Allâh les agrée tous les deux ! amine

SOURCE

muslim.xooit.com

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