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combien touche le roi du maroc?

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combien touche le roi du maroc?

Message par lelibre le Jeu 17 Sep - 19:29

Enquête. Le salaire du roi du maroc
source magazine telquel N° 156-157


Les chiffres ne sont pas sacrés


"Waaw !", "Eh ben !", "Nooon, c’est pas vrai ?!?"… Voilà un petit échantillon des réactions enregistrées à chaque fois que nous annoncions à quelqu’un que nous préparions un dossier sur le salaire du roi et les finances du Palais royal. Comme si nous nous préparions à révéler un secret d’état ou à commettre un crime de lèse-majesté.
Rien n’est plus faux. Tous les chiffres présentés dans ce dossier sont tirés de documents aussi banals que le bulletin officiel ou

la loi de finances.
Ce tabou n’a pas lieu d’être. Pour une raison simple : le budget du Palais en général et le salaire du roi en particulier sont versés par l’état. Autrement dit, il s’agit de votre argent. Il est donc légitime que vous en sachiez plus.


Liste civile : le dernier tabou



D’où viennent ces chiffres ?

Les chiffres présentés dans tous les encadrés qui parsèment ce dossier proviennent de "la loi de finances n° 48-03 pour l’année budgétaire 2004", éditée par le secrétariat général du gouvernement (imprimerie officielle, Rabat), d’un document intitulé "Loi de finances 2004, répartition des crédits de paiement selon la nature économique de la dépense, le département et la nature du budget", édité par le ministère des Finances et de la Privatisation, direction du budget et, pour reconstituer une partie de l’évolution historique, d’un document interne de la Cour royale, intitulé "projet de budget de fonctionnement pour l’année 1985". Ces chiffres sont des budgets prévisionnels, votés fin 2003 pour être dépensés tout au long de 2004. Nous sommes aux portes de 2005. Il se pourrait que les sommes budgétisées n’aient pas été dépensées intégralement, comme il se pourrait que le Palais ait dépensé plus, en s’endettant sur les budgets à venir. Aucun moyen de le savoir, puisque les dépenses effectives du Palais royal ne sont contrôlées par aucune institution du royaume – notamment par la Cour des comptes, dont la vocation est pourtant de contrôler les finances publiques. Toutes les finances publiques.


(AFP)
Même s’il n’a rien de secret, le budget de la monarchie fait peur aux Marocains. Ni les médias, ni les députés (censés pourtant le discuter) n’osent encore s’y intéresser de trop près. Et pour cause : depuis l’indépendance, le tabou a été soigneusement cultivé.


L'argent de la monarchie est un mythe que l’on commence à peine à effleurer. Depuis la mort de Hassan II, héritage oblige, chacun y est allé de son estimation pour évaluer la fortune royale. Moumen Diouri, l’un des derniers exilés du royaume, parlait de 10 milliards de dollars dans son brûlot "à qui appartient le Maroc ?". Le classement de la célèbre revue américaine Forbes parlait, lui, de 4 à 5 milliards de dollars. La somme a été, depuis, reprise comme étalon par la presse étrangère. La revue marocaine économie & Entreprises a préféré s’en tenir au patrimoine royal (550 millions de dollars) et a exclu, faute de preuves tangibles, les propriétés foncières et les comptes bancaires à l’étranger. Dans son fameux "mémorandum à qui de droit" paru en novembre 1999,

Abdessalam Yassine, lui, demandait à Mohammed VI, à peine installé sur le trône, de mobiliser la fortune de feu son père pour éponger la dette extérieure marocaine, rien moins que cela. A l’époque, elle se montait à un peu moins de 20 milliards de dollars ! Tous les experts avaient jugé l’estimation farfelue mais c’était, sous le nouveau règne, le premier véritable test de la liberté d’expression sur ce sujet. Premier réflexe du pouvoir : les trois journaux qui ont publié le texte de Yassine in extenso sont retirés des kiosques. Mais sur instructions royales, Driss Basri, toujours en poste à l’époque, recule au bout d’une demi-journée et remet les journaux censurés en vente. Un pas est franchi.
Jusque-là, l’objet des audaces médiatiques concernait la fortune personnelle du roi. Quid de la liste civile ? Le royaume, en effet, prend totalement en charge l’homme qui l’incarne. Son salaire, son équipe, ses palais, sa famille, ses courtisans, ses serviteurs, les fondations qui dépendent de lui, les instances qu’il nomme hors gouvernement, et même les dons qu’il accorde aux instances caritatives… Le budget global alloué à la monarchie, 2,2 milliards de dirhams, est drapé de mystère et de mutisme. En avril 2003, Ali Lmrabet brise ce silence par une caricature maladroite sur son hebdomadaire Doumane, aujourd’hui interdit : des hommes masqués à la manière des voleurs, émergeant de fourgonnettes aux armes de l’état, tendent de gros sacs pleins d’argent à des bras non identifiés… mais identifiés quand même un peu, puisqu’ils sortent d’une porte du palais royal. Autrement dit, le Palais vole l’argent de l’état – ce qui est, il faut le reconnaître, une déformation conséquente de la réalité. Est-ce le principe même d’une caricature ? Sans doute, le débat reste en tout cas ouvert. Mais "c’est particulièrement la violence de ce dessin qui a valu à Lmrabet son emprisonnement", commente aujourd’hui un proche du dossier. Dommage, parce que sur l’article concerné, le journaliste emprisonné ne faisait qu’informer honnêtement sur un budget voté par le Parlement. Ce qu’on lui a reproché est d’avoir présenté la liste civile comme une manne indue, alors qu’elle est votée à la régulière. Avec une auto-censure des députés qui frise le ridicule, tout de même. "Généralement, on n’ose même pas prononcer le mot budget royal au moment du débat sur la loi de finances. Quant à le discuter – et je ne parle même pas de le critiquer – c’est tout simplement hors de question", dit un parlementaire. C’est clair. Le fossé entre l’audace de la presse populaire et la retenue de l’élite politique est béant.

L’histoire d’une retenue politique
Déjà au lendemain de l’indépendance, la liste civile – terme emprunté par Hassan II aux monarchies occidentales – est accordée sans le moindre commentaire par le Conseil de choura. Dirigée par les nationalistes les plus en vue de l’époque (El Fassi, Torrès, El Ouazzani, Lyazidi…), cette instance qui tenait lieu de parlement concédait un budget conséquent au sultan, à sa cour, à sa famille, à ses demeures et aux chorfa descendant de la même lignée. Sous le gouvernement Abdallah Ibrahim, qui n’a pas fait long feu, le ministre de l’économie et des Finances Abderrahim Bouabid était le seul à prendre position sur ce budget sacré. Selon le récit de Smaïn Abdelmoumni, Bouabid aurait en 1958 rejeté la demande de feu Mohammed V, qui voulait que l’état rachète son palais de Casablanca pour le remettre à sa disposition. "Le ministre avait 38 ans et le sultan 49 ans et il y avait entre eux une estime réciproque. Quand Bouabid lui disait que pour le bien et le développement du pays, le Palais pouvait attendre, Mohammed V ne faisait pas trop de résistance", raconte un compagnon de l’époque.
Cet incident est l’unique occasion connue où un homme politique a eu son mot à dire sur la liste civile. Mais, nuance, il l’aurait fait en tête à tête avec le sultan dans l’enceinte du palais, et n’en aurait pas fait état auprès de ses frères socialistes. Après l’avènement de Hassan II, jaloux de ses prérogatives et se définissant lui-même comme "interventionniste", la discussion sur les largesses qu’il pouvait s’offrir au nom de l’état n’a plus été à l’ordre du jour. Quand le premier parlement est installé en 1962, la discrétion est à la mesure de la formule lapidaire de la Constitution : "le roi dispose d’une liste civile", point à la ligne. Rien n’est dit sur les modalités, les montants, les rubriques. Tout cela relève de la cuisine interne. Même le caractère hybride des titres fonciers des palais est un non-dit absolu. Jusqu’à aujourd’hui, les dépendances de Touarga (quartier du palais royal, à Rabat) ne sont pas enregistrées à la Conservation foncière, et personne au parlement n’ose en parler, ne serait-ce que pour rectifier une anomalie. De là à s’interroger sur la démesure des sommes accordées à la royauté… Pudeur ? Peur ? "C’est du savoir-vivre, une manière d’être élégant envers le chef de l'état", commente ce vieux routier du Parlement. "En 1963 puis en 1977, lorsque l’hémicycle était peuplé de militants et de cadres, la discussion aurait pu être enclenchée sans dégénérer, mais même les opposants les plus durs avaient de la retenue. Depuis 1984, avec les parvenus et autres corrompus qui font de plus en plus la loi, difficile d’envisager un tel débat. Et depuis l’arrivée du nouveau roi, l’ancienne élite politique n’a même plus ses entrées au Palais pour discuter de choses plus essentielles", explique cet autre élu, un brin nostalgique.

Les secrets d’une information inexploitée
Contrairement à ce que prétend un des hommes de la garde rapprochée de Mohammed VI, l’information détaillée sur la liste civile n’est pas une nouveauté. Depuis 1984, les élus ont accès à un document détaillant le budget alloué aux princes, au protocole, aux conservateurs des palais et bien d’autres précisions sur le salaire royal et la caisse dite de souveraineté. En 1988, les Marocains apprennent incidemment, en écoutant le discours de Hassan II sur la gigantesque mosquée de Casablanca, que même le roi a un salaire. Mais depuis 1998, ils en savent beaucoup plus, grâce à un certain Hicham Mandari. L’escroquerie de ce dernier, pour la première fois, perce une petite fenêtre dans le coffre-fort royal. Le départ précipité de l’ex-secrétaire particulier du roi, Abdelfattah Frej, est instrumentalisé par la nouvelle équipe de Mohammed VI, emmenée par Mounir Majidi, pour montrer qu’"avant", ces choses-là étaient gérées par un ami intime du roi, mais certainement pas un bon gestionnaire. Message subliminal : plus maintenant. La preuve : les poursuites engagées, tout récemment, contre l’un des plus vieux conservateurs des palais royaux, Mustapha Hilali. La nouvelle équipe veut assainir et donner un grand coup de balai. Les articles de presse relatant l’affaire Hilali ne sont donc pas pour déplaire au secrétaire particulier du roi. L’inculpé est plus que probablement un bouc émissaire. Peu importe, estiment Majidi et ses hommes. L’essentiel est que l’ère Mohammed VI paraisse marquée par la transparence. Au-delà ce show judiciaire, l’information sur la liste civile, dans laquelle puisent les différents palais, devient accessible. C’est énorme. Depuis l’arrivée de Majidi, le ministère des Finances dispose d’un budget ventilé au dirham près. Une rationalisation des procédures est en cours pour faire oublier l’ère révolue de l’opacité. Mais tout cela ne prête pas à conséquence politique. La tradition et l’étiquette empêchent toujours les élus de faire usage de ces informations. Les plus audacieux se contentent de colporter sous cape qu’ils "ont les chiffres" (comme si c’était exceptionnel) laissant croire qu’ils font partie d’une poignée d’initiés mis dans le secret des dieux. Mais politiquement, ils font comme s’ils ne savaient rien. "Contrairement au budget de la défense, qui suscite de l’excès de zèle patriotique, la liste civile n’est abordée dans aucune commission. Elle est approuvée par consentement tacite. Alors, à quoi bon chercher à savoir ?", admet, ironiquement, ce député.
"C’est culturel. Même dans une entreprise, on n’ose pas interroger le patron sur son salaire", note subtilement cet observateur. Le parallèle est d’autant plus pertinent que Mohammed VI, qui s’affiche volontiers comme un businessman, est souvent comparé à un chef d’entreprise. Souvenons-nous de "Morocco Corp.", ce titre si parlant de The Economist, traitant des affaires royales marocaines. Sauf que la "corp." en question a aussi des ressorts éminemment politiques. La liste civile, en effet, donne aussi au roi les moyens d’une gouvernance parallèle, puisqu’elle prévoit des budgets pour les fondations et autres organismes dont la vocation, en creux, est de doubler l’exécutif et le législatif – en dehors de tout contrôle du peuple. Qu’est-ce qui empêche nos parlementaires d’évoquer au moins cette petite parcelle de pouvoir royal qui les concerne directement ? "Se méfiant les uns des autres, ils préfèrent que des dossiers-clés (années de plomb, amazighité, audiovisuel…) restent entre les mains du roi. Ils pensent que s’ils étaient confiés aux partis, ils feraient l’objet de discordes et de surenchères", avoue ce socialiste désabusé. Autrement dit, si la classe politique ne se fait pas elle-même confiance, pourquoi le Palais lui ferait-il confiance ? Refrain connu…


Budget annuel de la monarchie
2,28 milliards de DH par an
Le roi
Listes civiles
26.292.000
Dotations de souveraineté
432.164.000
La cour royale
Personnel
638 382 000
Matériel et dépenses diverses
1 181 704 000
Total
2 278 542 000
Chaque année, le budget de l'état inclut deux postes budgétaires destinés à la monarchie.
Le premier concerne directement le roi. Sa première rubrique, "listes civiles", comprend le salaire et indemnités du chef de l’état et de sa famille proche (lire encadré "pensions et salaires royaux"). La seconde, "dotations de souveraineté", comprend surtout deux sous-budgets : 146 millions de dirhams pour les "subventions aux associations et institutions publiques" (Fondation Mohammed V, commissions royales diverses, etc.) et 208 millions de dirhams pour les "dépenses non ventilées" – autrement dit, des dépenses dont personne, hormis les concernés, ne connaît l’affectation ! Une sorte de "caisse noire officielle", en somme.
Le deuxième poste budgétaire, intitulé "Cour royale", est destiné à couvrir les dépenses courantes de la Cour. Il couvre le fonctionnement de tous les palais (personnel, déplacement, entretien…), ainsi que les différents frais afférents à l'exercice de la fonction de roi (déplacements, cérémonies officielles, invitations de chefs d'état et hommes politiques, etc.).


Pension et salaire royaux
26.292.000 dirhams par an, soit
2,2 millions de DH par mois
Ce chiffre mensuel de 2,2 millions de dirhams est affecté aux "listes civiles". Il faut relever le pluriel, car dans cette somme sont également englobés les salaires de Moulay Rachid, ainsi que des princes et princesses royaux proches. Lesquels? Et combien touche chacun et chacune ? Le budget de l’état ne donne pas de détails. On sait juste que Mohammed VI lui-même touche, en contrepartie de sa fonction de chef d’état, 395.916 dirhams par mois – ce qui reste relativement raisonnable, comparé aux hauts salaires des chefs d’entreprises publiques. Mais attention, la famille royale a des "à-côtés budgétaires", instaurés par feu Hassan II. Le budget de l'état prévoit en effet une pension et rente mensuelles de 1,8 million de dirhams. Ce montant englobe les pensions versées aux frères et sœurs du roi, lui compris. Sans oublier que Moulay Rachid et ses sœurs ont leurs propres listes civiles versées par l'état en contrepartie de leurs fonctions officielles. Selon quelle ventilation, le budget ne le dit pas. Mais un document interne du Palais datant de 1984, que nous avons pu nous procurer, atteste que l’ex-prince héritier Sidi Mohammed percevait un salaire mensuel de 15.000 dirhams, contre 30.000 dirhams pour Moulay Abdellah et 55.000 dirhams, à répartir entre les sœurs de Hassan II.


Frais de personnel
683,3 millions de DH par an
Le Palais est un gros employeur : pas moins de 1100 postes budgétaires, pour une masse salariale annuelle de 638,3 millions de dirhams. Le cabinet royal emploie à lui seul plus de 300 permanents. Et pas des moindres. Les conseillers du roi y figurent en tête de liste. Leurs salaires sont alignés sur ceux des membres du gouvernement (60.000 dirhams net par mois). Les "petits" salaires versés par le Palais peuvent être jusqu’à deux fois supérieurs à ceux de la fonction publique, pour un poste comparable. Le personnel occasionnel et journalier s'adjuge 66 millions de dirhams par an. Le budget alloué au personnel titulaire de la Cour royale totalise, lui, 428,3 millions de dirhams. Notons que le Palais fait appel à des centaines d'employés de la Promotion nationale. Sauf que pour cette catégorie, il n'est précisé nulle part si les salaires sont versés par le Palais ou par le ministère de l'Intérieur.


Subventions du roi et de la Cour
310 millions de DH par an
La générosité du roi passe par les caisses de l'état, sous la rubrique "subventions". L’Etat accorde pas moins de 146,6 millions de dirhams par an à Mohammed VI, pour qu’il les redistribue en dons et subventions. Les institutions publiques comme l'Instance équité et réconciliation (IER), la Haute autorité de la communication et de l’audiovisuel (HACA), et d’autres, s'accaparent 83,16 millions de dirhams de ce budget. Mais le roi n’est pas seul à accorder des "subventions". La Cour aussi peut en distribuer. L’enveloppe qui lui est allouée à cette fin est de 163,5 millions de dirhams. La rubrique "subventions" n’est pas propre au Palais. Chaque ministère a la sienne. Celui des Affaires étrangères, par exemple, a distribué en 2004 près de 150 millions de dirhams à des associations privées. Sauf que, dans le cas du Palais, le budget n'explique pas l'affectation de certains montants tirés de cette rubrique. Sous Hassan II, une partie des fonds domiciliés dans cette rubrique étaient destinés à des "personnalités nationales" : hommes politiques, syndicalistes… Ceux dont on dit vulgairement qu’ils ont été "achetés" par la monarchie ont donc été payés sur une ligne budgétaire prévue à cet effet. Il fallait le savoir.


Téléphone et courrier
114,2 millions de DH par an
Abdeslam Ahizoune doit se frotter les mains. Le Palais est un très gros client de Maroc Telecom et tout laisse croire qu'il le restera, avec ou sans libéralisation. Le budget téléphonique du Palais totalise en effet 113,9 millions de dirhams, en 2004. Seules institutions marocaines à consommer plus : le ministère de l'Intérieur (146 millions) et l'armée (120,5 millions). Vu sa fonction de représentation du pays, on peut comprendre que la Cour communique autant. Il n'en demeure pas moins, selon une source bien informée, que quelques courtisans dont la seule fonction est de graviter autour des princes (c’est-à-dire qu’ils ne sont pas répertoriés parmi le personnel du Palais) ont longtemps utilisé, de chez eux, des lignes téléphoniques à la charge de la Cour royale. Il paraît, dit la même source, que c’est fini, maintenant. Un pensée émue pour le brave Mounir Majidi, qu’on imagine épluchant des factures téléphoniques à la loupe pendant des heures…


Consommation des palais
236,6 millions de DH par an
Les rois aiment les chevaux. La preuve, sur les 11,9 millions de dirhams alloués annuellement à l’achat de produits alimentaires, 10 millions sont destinés à "l’alimentation animale" (c’est écrit comme ça dans le budget). Le gros de la rubrique "consommation" est alloué aux produits énergétiques : 176,9 millions de dirhams par an. 67,3 millions couvrent le carburant et les lubrifiants (seuls l’armée et le ministère de l’Intérieur consomment plus). Les palais consomment 65,3 millions de dirhams par an en électricité (un peu moins que la TVM) et 44,2 millions de dirhams en eau. Pour faire simple, le Palais paie une facture mensuelle d'eau et d'électricité avoisinant les 10 millions de dirhams. Le reste du budget de consommation est dispatché entre l'habillement et les fournitures de bureau. Il en coûte 23 millions de dirhams par an pour les tenues de ces dames et de ces messieurs. Parmi ces tenues, beaucoup d’uniformes de m’khaznia et de gardes royaux, quand même. Mais le budget "caftans" doit être pas mal non plus… Le Palais commande chaque année, enfin, 11,6 millions de dirhams en stylos, papiers et autres fournitures de bureau. A retenir : la facture "abonnements et documentation" s'élève à 3,5 millions de dirhams par an. A ce prix-là (près de 10.000 dirhams par jour !), ces gens-là doivent être abonnés à tous les journaux du monde. Vérification faite auprès de notre service abonnements : pas à Tel Quel, en tout cas.


Parc automobile
60 millions de DH par an
Difficile de quantifier le nombre de voitures dont dispose le Palais royal. Le budget dédié au parc automobile se contente de suggérer quelques ordres de grandeur. Ainsi, en 2004, il était prévu de commander pour 4 millions de dirhams de "voitures utilitaires". Ce qui laisse supposer que cette année, aucun ponte de la Cour n’a renouvelé sa grosse berline. Austérité, quand tu nous tiens… A part ça, 18,4 millions de dirhams sont allés à l’entretien et aux réparations. Il n’y a qu’une troisième rubrique de prévue, celle du "fonctionnement". Mais les documents officiels sont embrouillés à ce niveau, les montants se baladant entre les rubriques. Déduisons donc (mais c’est juste une déduction) que ce poste-là réquisitionne tout le reste de l’enveloppe globale, soit 37,6 millions. La nature des frais de "fonctionnement" n’est pas précisée non plus. Qu’y a-t-il dedans ? Des pièces détachées, c’est sûr (on sait que le Palais en stocke énormément) mais aussi… de la location de voitures ! En tout cas, cela se faisait, au moins jusque dans les années 90. On ne sait pas si ça continue. Généralement, les heureux fournisseurs étaient Avis ou Hertz, les plus gros de la place. En 2004, le Palais n’a pas loué de voitures. Majidi serait-il contre ? Suggérons-lui la formule LDD ou "location longue durée". Elle fait fureur, en ce moment, dans les entreprises.


Nouveaux terrains et bâtiments
324,8 millions de DH par an
Quand la monarchie se sent à l'étroit, elle construit. Et elle en a les moyens. Le budget de l'état lui accorde 324,8 millions de dirhams pour ses bureaux et résidences principales, secondaires, tertiaires, etc. Cette enveloppe est répartie entre l'investissement et les réparations. Pour le premier, le Palais a prévu en 2004 d’acquérir des terrains nus à concurrence de 5,4 millions de dirhams, et de construire pour 10 millions de dirhams de bâtiments. Le matériel informatique et technique s'adjuge, quant à lui, 20 millions de dirhams par an. Côté réparations, le Palais voit grand : pas moins de 63 millions de dirhams par an. De même, les travaux d'aménagement et d'installation s'accaparent 137,3 millions de dirhams. Argument avancé sans rire par une source interne : il ne faut pas prendre le risque qu'une installation du Palais soit défectueuse, si l’envie prend au roi de l’utiliser. Gageons sans prendre trop de risques qu’il n’aurait pas assez de sa vie entière à essayer toutes les "installations" de tous les bâtiments relevant du Palais.


Frais de déplacement
373 millions de DH par an
Le Palais a la bougeotte. Le budget consacré aux déplacements et à l'hébergement du roi et des fonctionnaires et notabilités du Palais est de 373 millions de dirhams par an. Cela avoisine les bénéfices réalisés par la Samir, unique raffinerie pétrolière du royaume. La plus grande partie de ce budget est engloutie par le transport. Le matériel coûte plus cher à transporter que les hommes : 183 millions de dirhams par an pour le premier, contre 28 pour les seconds. Les indemnités de déplacement à l'intérieur du Maroc se montent à 36,9 millions de dirhams par an contre 2 millions pour l'étranger. Côté hôtellerie, le budget fait une distinction entre l'argent du Palais et celui du roi. Les 77,5 millions de dirhams alloués à Mohammed VI ne couvrent que ses frais d’hôtel à l’étranger, puisqu’au Maroc, il loge soit dans ses palais, soit dans les demeures des gouverneurs, quand il n’y a pas de palais à proximité. La Cour royale a aussi ses frais d'hôtellerie, totalisant 44,9 millions de dirhams par an.


Gestion : La transparence inachevée

Mounir Majidi (DR)
Une très grosse masse salariale, des marchés lancés sans arrêt, des comptes opaques en héritage, une nouvelle équipe, jeune mais rigide. Voilà les termes de l’équation que doit résoudre Mounir Majidi, pour rationaliser les finances royales. La bonne volonté y est, mais pour l’instant, elle est loin d’être suffisante.


2,3 milliards de dirhams à gérer, plus de 1200 postes budgétaires sans compter les journaliers, les occasionnels, les effectifs de l'armée, la Promotion nationale… Sacré boulot, que celui du "gérant" de la maison alaouite. Organiquement autant que budgétairement, le Palais est sans conteste un

mastodonte. Il coiffe plus d'une dizaine de départements relativement indépendants les uns par rapport aux autres. Les plus connus sont le cabinet royal, le secrétariat particulier du roi, le cabinet militaire, la bibliothèque royale, le collège royal, les cliniques du palais, le mausolée Mohammed V, Dar Al Hadith Al hassani… tous ces départements ont leur budgets, leurs fonctionnaires et leurs dirigeants. Mais tous dépendent sur le plan financier et comptable d'une seule personne : Mounir Majidi, secrétaire particulier de Mohammed VI. La désignation de cet homme d'affaires à la tête des palais du royaume n'est pas fortuite. Mohammed VI voulait rompre avec les procédures léguées par son père. On peut dire aujourd’hui qu’il y a un "avant" et un "après" Majidi.
Hassan II fonctionnait au feeling. Il suffisait qu'une personne lui inspire confiance, et peu importe sa compétence réelle, pour qu’elle soit nommée à la tête d'un département stratégique. C'était le cas de Abdellatif Frej, l'ancien gestionnaire des palais. "Le problème avec Frej est qu'il n'était pas rigoureux dans la tenue des comptes", témoigne un proche du Palais. Pas de rigueur, donc pas de procédures et peu de supports comptables. En 2000, un an après l'intronisation de Mohammed VI, Majidi fait irruption au Palais. Il commence en observateur, occupant le poste de secrétaire particulier du roi sans y être nommé officiellement. Il est surtout là pour préparer le terrain à un mouvement de fonds, du moins théoriquement. Un audit a été commandé à cet effet et de jeunes technocrates ont été recrutés, contractuellement. C'est dans ce cadre que des noms comme Hicham Chbihi, consultant et Jawad Iraqi, expert comptable, font leur apparition au Palais. La mission d'audit devait se faire en interne, ce qui explique le recrutement de tels profils. Cette politique a donné ses fruits. Des procédures ont été mises en place, le Palais s'est doté d'un système d'information… Toutefois, pour rompre avec le passé, il fallait mener campagne contre les hommes de Hassan II. L'idée était d'épingler les mauvais gestionnaires ou ceux qui avaient favorisé une gestion anarchique. Pour en arriver là, il fallait d'abord accoucher d'un rapport d'audit. Ce fut le cas. Sauf que ses résultats étaient tronqués.

Pas de contrôle institutionnel
"Le rapport en question ne pouvait être pertinent que dans le cas d'un inventaire complet, ce qui était quasi impossible", révèle une source bien informée. Et pour cause : en l'absence de support comptable rigoureux, l'inventaire devait être physique. Ça n’a pas été le cas. "Rigide et frontal de nature", comme le qualifient ses proches, Majidi décide quand même de s'attaquer aux conservateurs des palais. Le colonel Mustapha Hilali, gestionnaire du palais d'Agadir, est sa première cible. Son procès révèle au grand jour les anciennes méthodes de gestion. Mais surtout, il permet aux avocats de l’accusé d'ouvrir le feu sur le rapport d'audit. "Les défenseurs de Hilali savent qu’une expertise complète au sein du Palais est quasi impossible", confie un avocat gadiri. Le rapport d'audit, aussi incomplet soit-il, est le seul document de référence. Et le fait que Hilali soit le seul à être poursuivi laisse entendre qu'il est un bouc émissaire. Avec ou sans preuves sérieuses, quelqu'un devait payer pour que les autres comprennent le message de la nouvelle génération. En attendant d'y voir plus clair, Majidi a coupé le cordon entre le roi et les autres conservateurs, se posant en unique interface. Il a ainsi centralisé les opérations de règlement des factures, mais garde toujours Brahim Frej, membre de l'ancienne garde, comme ordonnateur. Quelques aménagements ont eu lieu également dans la structure de la dépense. Réputé économe, Majidi interdit à la suite du roi d'abuser des frais de déplacement : pas de conjoint(e)s pendant les voyages, pas de montants exorbitants en devises lors des déplacements à l'étranger… La production agricole des palais (fruits et légumes) est désormais mise en vente. Auparavant, les courtisans et les fonctionnaires du Palais s'y servaient sans limite. Ces changements sont appréciables, mais ne peuvent constituer pour autant un véritable tournant dans la gestion des palais. Primarios, société appartenant au roi, est toujours considérée comme une centrale d'achat. Elle sert à procurer au Palais des équipements et des meubles, sans qu'il passe par la procédure des appels d'offres telle qu'elle est stipulée par la loi (du moins pour les marchés dépassant un certain montant). Cette procédure profite à certains courtisans qui gravitent dans le sillage de Majidi. Des raisons sécuritaires sont avancées pour justifier le maintien de cette situation de non-droit.
Par ailleurs, la Cour royale n'est soumise à aucun contrôle de l'état. Elle a ses propres mécanismes. Financé par le contribuable et géré par des fonctionnaires, le Palais est un îlot, un état dans l'état. Il a ses propres barèmes de salaire, ses procédures d'engagement des dépenses… Il évolue en marge des institutions de contrôle mises en place par le régime. Des universitaires estiment que "cette particularité ne se justifie pas, sauf si la loi la stipule". Ce n’est pas (encore ?) le cas. La Cour des comptes, dont le président est nommé par le roi, pourrait assurer la fonction de contrôle des dépenses (comptabilité et finalité de la dépense). La monarchie ferait ainsi jouer un levier qu'elle a elle-même créé. Et le rapport d'audit de la Cour des comptes pourrait être adressé directement au roi. Il n'en est rien pour l'instant. Ce qui nourrit une image d'opacité qui alimente, souvent sans fondement, les fantasmes de la population. Aussi volontaristes qu’elles soient, les dispositions prises par Majidi font encore figure de mesurettes, au vu de l’énorme chemin qu’il reste à parcourir avant de pouvoir parler d’une réelle transparence. "La volonté y est, peut-être, mais elle ne suffit pas", voilà ce que répètent tous ceux qui connaissent le dossier de suffisamment près. Une phrase qui s’applique aussi bien à la gestion des palais du royaume… qu’au royaume lui-même.




Palais. Qui fait quoi

Le cabinet royal
A la mort de Hassan II en 1999, le cabinet royal employait 320 personnes dont 6 avaient le grade de conseiller, donc rang de ministre. Le cabinet a une fonction politique : c'est à son niveau que se traitent les affaires touchant à la gestion publique. Il sert également d'interface entre les différents acteurs politiques et le roi. Requêtes générales, requêtes spéciales, réformes de toutes sortes… Tout se joue à ce niveau.

Le secrétariat particulier
Sous Hassan II, le Palais disposait d'un service administratif et financier. Tout laisse à croire que ce dernier a été mis sous la tutelle de Mounir Majidi, depuis qu’il préside le secrétariat. Ce dernier gère les palais, mais aussi le patrimoine privé du roi. Majidi est d'ailleurs l'un des administrateurs de Siger, le holding qui gère les avoirs royaux. C’est en cette qualité qu’il siège aux conseils d'administration de l'ONA et de la SNI. Un cumul qui soulève (sous cape), beaucoup de critiques.

Le cabinet militaire
Le roi est le commandant en chef des armées du pays. Marin, aérien et terrestre, tous les corps de l'armée sont sous sa tutelle. Il est logique qu'il dispose d'un cabinet spécial pour gérer ce pôle stratégique de la souveraineté. En importance, le cabinet militaire est presque l'équivalent du cabinet royal.

Le collège royal
Le Palais dispose d'un système d'enseignement qui n'a rien à voir avec l'éducation nationale servie au bon peuple. Le collège royal est fait pour l'éducation des princes et du futur roi, ainsi que celle d’une poignée d’heureux élus. Mohammed VI y a fait ses premiers pas, et beaucoup de hauts dignitaires (Ali Al Himma, Aourid, Bensouda, Mansouri) étaient ses camarades de classe. Le collège compte une vingtaine de fonctionnaires et fait notamment appel à des vacataires de l’enseignement public pour délivrer les cours.

Services de santé du palais
La monarchie dispose d'un véritable réseau hospitalier. Composé de 4 cliniques (deux à Rabat, une à Fès et une à Marrakech), ce service emploie presque une centaine de personnes dont le médecin particulier du roi et président du service médical des palais. La plus grande clinique du service est celle du palais de Rabat. Elle emploie une trentaine de personnes, dont un médecin permanent.


Et les autres ?

La liste civile n’est pas une exception marocaine. Touts les monarchies en ont une, et les républiques ont son équivalent. La rigueur du contrôle et des prévisions varie d’un Etat à l’autre. Tour d’horizon.


Angleterre
En 2001, le Parlement britannique a conclu avec Buckingham palace un accord fixant le budget annuel alloué de la reine à 7,9 millions de livres, soit 131,5 millions de dirhams – tout compris, et à elle de régler les dépenses afférentes à son train de vie. Selon les termes de l’accord, ce montant restera inchangé jusqu’en 2011. Même l’augmentation annuelle de 7,5%, anciennement prévue pour anticiper sur le taux d’inflation, a été abandonnée. Sachant que depuis 1992, la reine est assujettie à l’impôt, comme tous ses sujets. Le prince Charles, héritier du trône, ne reçoit pas, lui, d’indemnité de l'état, mais dispose d’un capital boursier de 40 millions de livres et des revenus de ses 52.000 hectares au duché de Cornouailles. Sa mère, quant à elle, jouit d’une fortune personnelle de 3 milliards d’euros, comprenant 105.000 hectares de terres et de forêts, les trois plus gros diamants au monde et les deux tiers du patrimoine pictural de Leonard De Vinci.

Espagne
Le salaire annuel du roi Juan Carlos est fixé par la Constitution. En 2003, il s’élevait à 7,22 millions d’euros, soit 80,5 millions de dirhams. La fortune personnelle du roi, considéré comme l’un des monarques les plus riches d’Europe, s’élève à 1,79 milliard d’euros, soit 19,95 milliards de dirhams. N’ayant pas de rôle exécutif, le roi d’Espagne est libre de ses mouvements. Il administre la liste civile qui lui est accordée sans aucun contrôle. Mais de plus en plus de voix s’élèvent au sein du Cortès (Parlement) pour réclamer un contrôle plus étroit de ce budget public. D’autant que les médias espagnols attribuent au roi des amitiés plus que douteuses dans les milieux d’affaires.

France
Depuis 2002, le président Chirac a un salaire annuel de 100.683 euros, soit 1,12 millions de
dirhams – soit moitié moins que certains de ses ministres ! Le palais de l’Elysée, en revanche, a un budget digne de la "république monarchique" qu’est la France. Le montant prévu pour 2005 est de 31,90 millions d’euros, soit 355,68 millions de dirhams. Il est voté au Parlement chaque année, au même titre que les budgets des autres ministères. Souvent, l’Elysée demande des rallonges en cours d’exercice. Chirac l’a promis il y a tout juste deux semaines, le budget élyséen fera dorénavant l’objet d’un rapport des dépenses, qui sera soumis aux parlementaires.

Arabie Saoudite
Curieusement, ni le roi Fahd d’Arabie Saoudite ni les quelque 8000 princes (!!) que compte cette monarchie absolue ne figurent dans la liste des plus grosses fortunes du monde. Pour une raison simple : l’argent de l’état et celui de la famille royale se confondent. A l’origine de cette situation qui serait jugée scandaleuse partout ailleurs, le système politique saoudien qui comporte un Majliss Al Choura. Nommé par le roi pour une durée de 4 ans, ce Parlement à la sauce locale est habilité à discuter de beaucoup de choses, mais pas du budget. Les Al Saoud agissent tout simplement comme si le royaume wahhabite leur appartenait. Ce qui est, du reste, la réalité de facto sinon de jure.

Belgique
Quand le roi Albert II a accédé au pouvoir en 1993, la Constitution a arrêté le montant de son salaire annuel de base, qui restera valable pendant tout son règne, à une somme forfaitaire de 6,04 millions d’euros, soit 67,34 millions de dirhams. Ce montant est indexé au pouvoir d’achat en vigueur à la date de promulgation de la loi. Les Belges savent donc exactement de combien pourrait être augmentée (ou réduite) la liste civile de leur roi… puisqu’ils sont logés à la même enseigne que lui. Une somme supplémentaire de 1,82 millions d’euros (20,29 millions de dirhams) est prévue pour couvrir les dotations sociales de la monarchie. Elle est soumise aux mêmes fluctuations du marché. La Constitution belge ne laisse rien au hasard.

Sénégal
Depuis plusieurs années, un budget annuel de 13 milliards de Francs CFA, soit 216 millions de dirhams, était alloué à la présidence de la république du Sénégal. Mais le budget 2005 de Abdoulaye Wade, fixé il y a quelques semaines, prévoit 40 milliards de Francs CFA, soit 660 millions de dirhams. Autrement dit, plus du triple ! Même si une annonce exceptionnelle a été faite au Parlement pour justifier cette hausse, les députés ont été virulents contre le chef de l’état. Ils n’ont été rassurés qu’après avoir compris que cette augmentation était justifiée par des investissements en routes et en infrastructures… affectés à la rubrique "présidence". Vous ne comprenez pas ? Eux si, c’est l’essentiel. La démocratie africaine est en marche.




Dernier mot.
Et les impôts, dans tout ça ? (par Khalid Tritki)

Question à 1 million de dirhams : Le roi du Maroc paie-t-il un impôt sur le revenu que lui verse l’Etat ? Les documents dont nous disposons et les personnes que nous avons interrogées n'en disent rien. Deux hypothèses, donc. Soit les montants du salaire et des pensions sont exprimés en brut, soit le roi ne paie pas d’impôts.
Si c’est de montants bruts qu’il s’agit, toutes les sommes présentées dans ce dossier sont donc appelées à fondre de moitié (est-il nécessaire de rappeler que la rémunération du roi entre dans la tranche soumise au taux d’IGR de 44% ?). C’est fort peu probable.
Si, en revanche, le roi ne paie pas d’impôts, c’est donc une entorse à la loi – à moins qu’une dérogation ne soit prévue dans quelque sombre arrêté viziriel inconnu du public.
La Constitution, qui instaure la sacralité du roi, impose aussi l'égalité devant la loi. Comme vous, le roi devrait passer à la caisse par prélèvement à la source. Toutes les monarchies constitutionnelles, puisque c’est ainsi que nous qualifions la nôtre, se plient à ce jeu d'imposition. Mais cela est plus vrai en Occident. Bien qu’occidental, géographiquement parlant, le Maroc fonctionne sur le modèle oriental. Est-ce une "coutume constitutionnelle " qui exonère la monarchie ? Probable. Hassan II était un adepte de l'école coutumière, même si on lui doit toutes les Constitutions écrites du pays. Mohammed VI, quant à lui, est réputé légaliste. C'est un point à son actif. Le mettra-t-il en avant pour éponger son éventuel passif fiscal ?

lelibre

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